Accueil Actu Vente dédicace la nuit rouge de Bou berka par Abdelhamid GHERMINE
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L’ouvrage relate sous forme de récit, les faits authentiques de l’horrible génocide perpétré le 22 mars 1956 par la soldatesque coloniale à Bouberka, en représailles de la vengeance par le mythique moudjahid Debbouz Mohand Arab, de l’assassinat de sang froid par le lieutenant San Sulk le même jour, de sa femme enceinte. En filigrane, le récit retrace également l’itinéraire du grand moudjahid Debbouz Ouramtane, dont ce massacre a précipité l’engagement très précoce dans l’ALN

 

LA NUIT ROUGE DE BOUBERKA

Extraits de « la nuit rouge de Bou berka »

Bou Berka : un hameau paisible, paradisiaque

« …Bou Berka, un hameau situé à l’extrême sud du douar Ibourdjioune dont la vingtaine de maisons qui le composent s’agglutinent en chapelet le long de la rive nord de l’oued Sahel qui se jette une dizaine de kilomètres plus loin et, tel un cordon ombilical, un sentier abrupt qui se détache du centre, mène vers la fontaine située à l’orée de la vaste forêt dite « Sahel » (….) Bou Berka est traversée d’est en ouest par deux ruelles dont la principale ,au nord, est longée par une rigole qui contenait les eaux d’irrigation des jardins potagers agrémentés par une végétation luxuriante composée d’arbres fruitiers :des pruniers, des néfliers, des pommiers ,des poiriers de variété locale et  des orangers bien sûr, ces arbres plusieurs fois centenaires dont la célébrité a résonné dans les rimes du chantre de la poésie berbère « Si Mohand Ou M’hand »…… »

Le sanguinaire bourreau de Bou Berka : le lieutenant San Sulk

La méthode utilisée :

« …C’était un après-midi du 22 mars 1956, vers  trois heures que le lieutenant et son escorte revenaient de Bougie à bord d’une Jeep et d’un Dodge 4x4 américain doté d’une mitrailleuse. Il y avait à son bord une dizaine de tirailleurs sénégalais. Ils se dirigeaient vers Toudja. Arrivés à hauteur de la ferme, ils virent Meddour Mohand Ameziane et son neveu Saïd dans leur jardin situé à une dizaine de mètres de la route de l’autre coté de la rivière. Il arrêta sa Jeep, suivi de son escorte  et intima à nos deux jardiniers l’ordre de venir vers lui. Ils obtempérèrent vu qu’ils n’avaient rien à se reprocher et qu’ils n’avaient pas d’autres choix. Ils n’étaient pas arrivés qu’i leur demanda de s’arrêter et de se mettre à genoux, ce qu’ils firent tous les deux. Il s’empara de la mitraillette du chauffeur et tira dans leur direction deux bonnes rafales. Il les atteignit tous les deux ;ils s’affalèrent, inertes ,après deux ou trois soubresauts. Puis il sortit son revolver et leur asséna les fameux coups de grâce…. »

Le lâche assassinat de l’épouse enceinte du moudjahid DEBBOUZ Mohand Arab :

« …-Je veux que tu me dises où est ton mari Mohand Arab
-    Mohand Arab ! Mohand Arab ! répond Fatima excédée. Il est dans ma poche (en kabyle) en mimant l’action
Elle pensait qu’il ne la comprendrait pas. Le lieutenant savait parfaitement ce qu’elle  voulait dire et, se sentant amèrement outré devant de tels propos, sortit sa main qu’il avait enfouie dans sa poche et la gifla si violemment qu’elle tomba ; se relevant de sa chute, elle marmonna quelques paroles, inaudibles d’ailleurs, que le lieutenant crut être des insultes. C’est à ce moment là qu’il empoigna son pistolet et lui tira trois balles en pleine poitrine. Elle s’affala devant ses pieds mais elle n’était pas morte. Il quitta les lieux suivi de son escorte pour prendre le chemin du retour vers la caserne.. »

La vengeance par le moudjahid Mohand Arab de son épouse Fatima (quelques minutes seulement après l’assassinat de cette dernière par le lieutenant Sulk)

« …Ne se doutant de rien et croyant évoluer en terrain conquis, notre lieutenant et son escorte se mirent en route à travers le chemin qui allait les conduire à la caserne. Ammi Mohand Arab était là, bien planqué derrière son tronc d’olivier, l’œil attentif, l’oreille tendue, le doigt sur la détente de son fusil de chasse, à dix mètres à peine du chemin, certain qu’ils n’auraient aucune chance de s’en tirer, froid comme un bloc de glace, pensant en même temps à sa femme qui devait être déjà dans l’autre monde…Il fut soudain tiré de ses rêveries lorsqu’il vit devant lui un soldat suivi à quelques mètres par le lieutenant et un autre soldat. L’officier arriva juste en face, ses deux galons accrochés à la boutonnière de sa vareuse. C’était bien lui, il était là, en chair et en os, regardant à droite et à gauche, dans l’espoir de surprendre un paysan  retardataire pour lui faire sa peau, ne se doutant à aucun moment que les moudjahidine qui l’obnubilaient étaient maintenant là, tout proches. Ammi Mohand Arab le prit sur sa ligne de mire et de son doigt droit, appuya sur la détente de son fusil. Un coup de feu partit, puis un deuxième déchirant cette atmosphère pesante. Le sergent s’affala sur le corps du lieutenant qu’il tentait de couvrir de son corps… »

La punition collective : le génocide de la « nuit rouge de Bou Berka :

« Le convoi roulait tous feux éteints et, arrivé au lieu dit « Imiloul »,il s’arrêta. On fit descendre un groupe de soldats qui se dirigea vers le village pour barrer la route à d’éventuels fuyards. On en fit de même à plusieurs autres endroits, de telle sorte à encercler tout le douar : Izraren, Aït Messaoud, Laïncer, Tighilt et enfin la caserne. C’est à quelque chose près la nuit de la « Saint-Barthélémy » ,le 22 mars 1956 !Une horde de soldats ennemis encercla le village ;ils étaient appuyées par des tirailleurs sénégalais avec à leur tête le lieutenant Corne. C’était lui qui dirigea cette nuit là l’opération de représailles sur les habitants de Bou Berka. Juste au moment où les premiers soldats arrivèrent à hauteur de la première maison, une silhouette se détacha de la haie d’un jardin. Un soldat l’ajusta de son arme et tira. C’était le jeune Bou Berka Amar, la trentaine environ qui venait d’arriver de France. Il venait de cacher dans son jardin une valise dans laquelle il avait mis tout son argent et les quelques objets précieux qu’il possédait. Il laissa une veuve et trois enfants. Puis s’en suivit un carnage général : ceux qui tentaient de fuir furent abattus sans sommation. Ceux qui refusaient d’ouvrir leurs portes et de sortir périrent dans les flammes, leurs maisons furent incendiées sans exception et sans état d’âme. D’ailleurs le corps sans vie de la jeune Fatima fut retiré le lendemain matin sous les décombres de sa chambre ravagée par les flammes. Elle y avait été déposée la veille par Na  Rekia après le départ du lieutenant et de ses sbires…. »

Soyez nombreux au rendez-vous pour connaitre l'histoire glorieuse de votre village

 

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