Les sources de Toudja se trouvent sur le versant sud de Takalats, l’un des pics les moins élevés de cette chaine de montagnes, et forment l’Oued Ghir qui se jette dans la Soummam.
La plus importante est celle que l’on appelle El-Ainseur (la source).
En l’an 137, les romains la captèrent pour alimenter Saldae (Bejaia).
Ces eaux traversent un souterrain construit par les Romains. Un cippe, retrouvé à Lambèse, retrace les péripéties du voyage de Nonius Datus, venu à Bougie pour rectifier le percement de la montagne qui, ayant été commencé des deux côtés à la fois, avait été si mal dirigé, que les deux galeries n'avaient pu se rejoindre.
Une traduction française permet de suivre toute l'inscription latine de ce cippe qui a été placé sur un socle en face de la Mairie de Bejaia. Cette inscription donne une partie du texte d'une lettre adressée par le gouverneur de la ville, Marius Clemens, au gouverneur de la Mauritanie, ainsi conçue :
" Au nom d'une cité splendide et de ses habitants, je te prie Seigneur d'engager le niveleur Nonius Datus, vétéran de la 3è légion Augusta, à venir à Saldae afin d'y terminer son œuvre "
Une autre partie de l'inscription donne le rapport de l'ingénieur Nonius Datus au Gouverneur Clemens après son achèvement des travaux, dans les termes suivant :
" Je suis parti, en route j'ai été assailli par des brigands. Je me suis échappé et blessé ai pu arriver à Saldae avec les miens. J'ai vu le gouverneur Marius Clem
ens. Il m'a conduit à la montagne où l'on se désolait sur l'incertitude du creusement d'un tunnel qu'on voulait abandonner parce qu'on avait déjà ouvert plus de longueur que s'en comportait l'épaisseur de la montagne. Il m'a apparu qu'on avait abandonné la ligne droite dans l'attaque du côté amont ; on s'était porté à droite vers le Midi, et dans l'attaque aval, également à droite vers le Nord. Les deux sections n'étant pas sur la même ligne ne se rejoignaient pas. Lorsque j'eus vérifié ce travail, j'ai mis en circulation des hommes de la flottes et des hommes de louage et ils sont parvenus à opérer le percement, et moi, le premier qui avait fait le nivellement, indiqué le tracé et prescrit ce qu'il fallait faire suivant le plan que j'avais remis à Petrinus Celer, j'ai achevé l'œuvre. Après l'arrivée de l'eau, Marius Clemens en a fait l'inauguration."
Il y a deux fortes sources d’eau dont l’une est très puissante et alimente Bejaïa. Ainsi s’exprimera par la suite le voyageur musulman al-Umari en 1340.
Au 17e siècle, le Chevalier d’Arvieux a évoqué la puissance de la tribu des Toudja.
Il ajoute à propos de ce site : « Il y a une grosse source d’eau, qui était portée dans la ville par des aqueducs qui sont à présent ruinés. Mais, on pourrait rétablir en peu de temps et presque sans frais ».
Au 19e siècle, l’ingénieur Benoît consacra une étude approfondie à la source et qualifia son eau de « rare ». En 1950, elle débitait 5616 litres d’eau par minute.
Aujourd’hui encore, l’eau de Toudja offre ses qualités millénaires, exceptionnelle richesse en minéraux et oligo-élément et sa légèreté naturelle d’eau de montagne.
Elle est actuellement exploitée par des grandes entreprises de production des eaux minérales naturelle et d’eau gazéifiée.
| < Précédent |
|---|





Said Ihaddaden - http://www.artmajeur.com/yassu





