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slt,je suis a TOUDJA depuis janvier2008 a vraie dire dans des histoires que mes
grands pères me racontent qunt j'été petit sur votre village me semblent viridiques
j'ai constaté lors de ma présence que les gens d'ici sont génireux,serviable et
sourtout recennaissants pour moi ma 1 visite sur sit m'a vraiment touchée je l'ai
trovée comme le meilleur moyen d'exprimer mes sèncairs sentiments de
recennaissance bravo mon frère et qu dieu soit avec vous le magasinier de
votr CEM
 
Date de publication: 27 avril 2008
Posté par: aissaoui chafi
bravo !
Actualités : KABYLIE STORY II
8. Toudja, histoire d’eau
Par Arezki Metref

On récupère Nadir Azeggagh à Tala-Ighil. On se dirige vers la carrière ETR, près
de Boulimat, que tout le monde continue à appeler la carrière Lombard. Pour y
entrer, à mi-chemin entre la mer et le sommet de la colline, on cahote sur une
piste rocailleuse. Lorsqu’on stoppe le moteur, nos cheveux sont couverts de
poussière blanche. Le chaos de ces poussières qui s’élèvent de la carrière
contraste avec la netteté des couleurs de la mer.
Nasser, grosse moustache noire à balai, calot de particules blanches, saute de
l’engin qu’il conduisait.
- Alors, tu nous accompagnes ? lui demande Nadir.
- Non, il n’y a pas assez d’ouvriers pour que je puisse me libérer cet après-midi.
- Normal, rétorque simplement Nadir.
- Vous allez voir un certain Salah de ma part, dit Nasser. Vous le trouverez à
côté du Souk El Fellah. C’est par là qu’il habite. Nasser remonte sur son engin.
Nous prenons la voiture. Radio-Soummam rediffuse une émission d’hommages à Ahmed
Azeggagh à laquelle Nadir, son cousin, avait participé. Je m’aperçois, en écoutant
cette cassette, à quel point le jeune homme assis à côté du chauffeur parle bien
kabyle et combien il tient à le parler. Mustapha, happé par son volant qu’il tient
consciencieusement, regrette, lui, de ne pas savoir le parler. Joindre Toudja,
c’est parcourir ce mince ruban d’asphalte qui dessine des courbes montant vers
Adrar Aghvalou, nom kabyle de Toudja. Au pont de l’oued Ghir, il faut quitter la
route d’Alger et s’engager sur le chemin N°34 qui mène à Sigli. Le chemin s’élève
vite. Il serpente sur les flancs de la montagne. La route n’en finit pas de
grimper, de rétrécir, de se dégrader. C’est la route des Crêtes, celle qu’a suivie
l’ouvrage romain qui devait faire rentrer l’eau d’Ain Saur à Béjaïa.
- Si ça se trouve, cette route est telle qu’elle a été laissée par les Ponts et
Chaussées coloniaux, déplore Nadir qui ne l’avait pas prise depuis belle lurette.
Elle n’a jamais été refaite, en effet. Plus on grimpe, plus la végétation se
raréfie. Des touffes d’épineux affleurent de la roche brune. Nadir remarque :
- En hiver, Adrar Aghvalou paraît, vu de Béjaïa, comme un chapeau blanc posé sur
un bonhomme de neige. Après une ultime côte, on aborde Ifren. Avant le village,
des arbres calcinés. L’endroit est souvent la proie des incendies. Tout récemment
encore, le feu a frappé. Quand on entre dans Ifren, huit colonnes romaines vous
accueillent comme des gardes monumentaux aux pieds écartés d’un mont à l’autre.
Ces colonnes, dont l’une est dressée dans la cour d’une maison, sont les vestiges
de l’aqueduc grâce auquel les Romains ont commencé, en l’an 152, à acheminer l’eau
de Toudja à Saldae que l’Empereur Antonin le Pieux (règne de 138 à 161) dotera de
canalisation. L’eau parvenait par un souterrain qu’ils ont du mal à construire à
cause d’une erreur de tracé. Retrouvée à Lambèse, une stèle raconte les
mésaventures du niveleur Nonius Datus, un vétéran de la 3e légion Augusta, envoyé
à Saldae pour rectifier le percement de la montagne dont les galeries creusées des
deux côtés à la fois suivaient un cours parallèle au lieu de se rejoindre. Après
bien des péripéties, Nonius Danus pousse ce cri de satisfaction : “J’ai achevé
l’œuvre”. Un souterrain d’une vingtaine de kilomètres achemine l’eau en ville où
elle se déversait dans des citernes construites sur les hauteurs. De ces citernes
partaient des canalisations vers les fontaines publiques et les citernes privées.
Au XIXe siècle, l’ingénieur français Benoît consacre une étude approfondie à l’eau
de la source de Toudja. Il la qualifie de rare en raison de ses qualités deux fois
millénaires et de sa teneur en minéraux et oligo-éléments. Plus loin dans le
village, une stèle blanche est dressée à la mémoire des moudjahidine de la guerre
de Libération. On se trompe de route. Au lieu de prendre à droite, nous allons
vers Bouhaten. De la fumée s’élève de derrière une colline.
- C’est encore un incendie ? s’inquiète Mustapha.
- Non, c’est juste une autre carrière, le rassure Nadir. La route grimpe raide.
Puis, elle descend. Pendant un moment nous montons et nous descendons comme sur
une montagne russe. Paysage désert. Canicule. Et soudain, sortant de nulle part,
debout sur un rocher, un vieux monsieur, vêtu d’un bleu de Chine élimé, coiffé
d’un chapeau de paille, semble exposer ses ailes d’Icare aux foudres du soleil. -
On lui demande notre chemin, propose Mustapha.
- Normal, lâche Nadir. Ce mot, qui veut à la fois tout et rien dire, signifie, en
l’occurrence, ce n’est pas la peine. Je comprends que Nadir ne veuille pas
demander le chemin. Ce serait comme interrompre une méditation. Après déduction,
nous prenons à droite. Le mont Aghvalou fonce sur nous un peu plus à chaque
virage. Toudja étant blotti à ses pieds, la direction est nécessairement la bonne.
Coiffant un tertre, un édifice en pierres ocre dresse vers le ciel la lettre Z de
l’alphabet tifinagh, symbole d’amazighité. Ce monument ne comporte aucune
indication écrite. Par le silence et la majesté de sa situation, il plante
d’entrée de jeu l’importance accordée ici aux questions d’identité. A Aïn Saur, la
place du marché, où la source de Toudja est capturée dans une sorte de mausolée,
on s’enquiert de Salah. La première personne à qui on demande nous indique le Souk
El Fellah. De la place, où nous attendons un gamin revenir avec Salah, nous sommes
dans l’ombre du mont Aghvalou, pain de sucre couleur ardoise, qui nous toise du
haut de ses 1317m. Dans le chaos géologique qui glisse vers Aïn Saur, on
devinerait presque le cheminement de l’eau. La façade repeinte en un bleu
touarègue, le Souk el Fellah a été converti en école de formation pour jeunes
filles. N’osant pas s’enquérir ouvertement des motifs de notre présence, l’épicier
procède de biais :
-Vous venez donc de Béjaïa ?
- De plus loin encore, botte en touche Nadir. Un barbu conventionnel, gandoura à
rayures et claquettes locales, essaye de capter l’attention des importuns que nous
devons être à ses yeux. Il parle voix haute à un jeune qui se trouve à l’autre
bout de la place. On comprend bien le message. Des jeunes, adossés au mur, font la
chronique du village dans un kabyle aussi pur que l’eau de la source. Salah
arrive, enfin. L’homme porte la soixantaine usée par le labeur. Barbe de quelques
jours, chemise fripée, il a la placide distance des gens revenus de tout. Il
s’étonne de notre demande. Mais il finit par admettre qu’on puisse trouver quelque
intérêt à visiter Toudja. Il commence par nous expliquer que la particularité
locale est naturelle : l’eau est courante 24/24. Ce n’est pas rien ! Mustapha, le
chauffeur qui m’accompagne, rompt sa réserve pour s’étonner que le quartier où se
trouve le café dans lequel nous pénétrons s’appelle Aharrach. Il vient lui-même
d’El Harrach, une banlieue d’Alger. Et pour parfaire ce qui lui semble une
conspiration, dans un poste cassette posé sur le comptoir grésille Ya rayah de
Dahmane El Harrachi, version originale. -Avant, la source alimentait les moulins à
blé, dit Salah en désignant une direction vers la vallée. On arrive au petit
marché qui se tient continuellement à Aïn Saur. Des remorques de tracteurs sont
remplies de fruits de saison. Des camionnettes débordent de tomates, poivrons,
pommes de terre. A un angle de la place, un kiosque propose des lunettes de soleil
bon marché, toutes sortes de colifichets et des cartes de recharge Djezzy pour
téléphone portable. Attenant à la source, un mur est tapissé de pochettes de DVD :
La ligne verte, avec Tom Hawks ; La bible Joseph, avec Ben Kingsley ; Cromwell;
October 22; Meurtre sur commande; Résistance … Les murs de l’ancienne mosquée sont
tavelés de moisissures. C’est l’effet de l’eau. Toute la grosse robinetterie qui
permet de réguler et de canaliser l’eau de la source est enfermée dans une
dépendance gardée comme un coffre-fort. Une grille creusée dans un mur crème.
Au-dessus, une main appliquée a tracé à la peinture rouge ces lettres en italiques
: Source de Toudja. Avec Salah, on entre dans un minuscule réduit au sol trempé et
aux murs résonnant du ronflement du débit. Un homme s’échine à placer un jerrican
massif sous le charchar qui sort au bas du mur. L’opération semblant compliquée,
il nous cède la place le temps de puiser un pichet d’eau et de le boire cul sec.
J’aurais bu de la Toudja authentique, à la source. Au jour d’aujourd’hui, on ne
sait trop ce qu’on nous met dans les bouteilles. La place d’Aïn Saur tient lieu
aussi de station de taxi et de bus. Devant les roues d’un camion Jal, une enfilade
de jerricans de 50 et 100 litres. On le remplit d’eau de Toudja qui, conditionnée
en des formats domestiques, est écoulée sur le marché parallèle. Des camions, des
camionnettes et même des conduites intérieures attendent patiemment d’être chargés
des jerricans d’eau qui vont alimenter le trabendo hydraulique. Salah, notre guide
impromptu, évoque avec nostalgie les oranges d’Aghvalou comme on évoque les palais
des Mille et une Nuits : une référence aux fastes. On se promène à présent dans
les allées qui séparent les jardins. Partout, comme autant de cornes d’abondance,
des citronniers, des néfliers, des orangers, des figuiers. Juste au-dessous de la
source, le jardin est un petit paradis. Il fait penser à l’harmonie et à la
fertilité de ce jardin que n’a pas cessé de décrire Mohand ou M’hand dans sa
métaphore de l’existence et de l’amour. Partout aussi, l’eau est abondante. Ici,
elle sinue dans des rigoles qui irriguent la terre. Là, elle est incarcérée dans
de gros tuyaux noirs. Dans chaque jardin, on construit des réservoirs et des
bassins. Dans l’un de ces bassins, grand comme une piscine olympique, plein à ras
bord, l’eau reflète la blancheur métallique du ciel. Autrefois, l’eau coulait
librement. Il n’y avait pas besoin de tous ces tuyaux noirs pour la canaliser
chacun pour soi. Aujourd’hui, les propriétés sont clôturées et gare aux
chapardeurs de fruits. Pour descendre vers la forêt, il faut emprunter ce sentier
jalonné d’oliviers centenaires. Leurs troncs sont comme des sculptures. Le temps
artiste aura passé l’éternité à tailler la moindre rainure pour composer
l’harmonie brune de l’œuvre. Paradoxalement, c’est en descendant un peu, en se
plaçant dans une cuvette formée par le face-à-face entre l’Aghvalou et d’autres
monts moins élevés, que l’on a le panorama le plus complet des villages éparpillés
sur les flancs de la montagne. D’ici, on voit les bourgs et villages qui forment
l’aarch Itoudjen, la tribu de Toudja : Aïn Saur bien sûr, mais aussi Bou Berka,
Ifren, Zouyat Sidi N’allah, Toudja. On voit aussi, en regardant vers la vallée,
une tache blanche briller dans la végétation. C’est la nouvelle usine de
conditionnement de l’eau et des limonades Toudja. Salah, ce natif de l’Aghvalou,
qui a grandi avec la musique de la source cognant sur la pierre, n’est sûr que de
ceci : pour être bonne, l’eau de source doit couler naturellement. Elle ne doit
toucher à aucune canalisation.
A. M
 
Date de publication: 19 mars 2007
Posté par: said
Toudja, histoire d’eau
www.artmajeur.com/Byassu

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